16 mars 2007
Lolita nie en bloc_Noir Désir
Lolita nie en bloc, elle navigue au loin sous les cils à cent lieues de se douter que les silences et la jalousie la guettent. Elle oublie la liste et l'allonge encore. Elle veut s'isoler et alors elle s'absorbe dans la contemplation de ses pieds.
-un ange passe-
Et puis son doigt décrit dans l'air des étoiles ou bien des éclairs, elle ignore si superbement les sentiments, les aléats de l'amour. Elle s'avance vers la fenêtre, abandonnée, lascive, et elle couvre le ciel de mille signes étranges et inconnus de tous.
-un ange passe-
Désolé Lola, je n'ai pas su déchiffrer le sens secret de tes gestes lents aérés, simulacres ou magie futile. A moins que le vide et l'ennui ne s'emparent de toi Lolita. Et si cette bulle pleine de rien voulait se crever enfin.
-un ange passe-
03 février 2007
To travel... and hear.
17 janvier 2007
On y a réfléchi
Avec Tali et Mushu (moi-même), on pense qu'on est heureuses.
C'est génial ça.
Youpi.
Nos[tali]gie :
Un an à se balancer des mots en cours, à philosopher, on continue sur msn, parce que les traces écrites restent, parce que c'est fun. Profitons d'aujourd'hui, oublions demain. On est pas bien là ? Merci à toi ma Tali. :)
<<En souvenir d'une conversation sur Msn, un certain soir de Janvier 2007, un 17. Archivée, bien classée au chaud dans MesDocuments.>>
14 janvier 2007
Le Petit Prince _ Antoine de Saint Exupéry
- Ma vie est monotone, Je chasse les poules, les hommes me chassent. Toutes les poules se ressemblent, et tous les hommes se ressemblent. Je m'ennuie donc u peu. Mais si tu m'apprivoises, ma vie sera comme ensoleillée. Je connaîtrai un bruit de pas qui sera différent de tous les autres. Les autres pas me font rentrer sous terr. Le tient m'appellera hors du terrier, comme une musique. Et puis regarde ! Tu vois, là-bas, les champs de blé ? Je ne mange pas de pain. Le blé pour moi est inutile. Mais tu as des cheveux couleur d'or. Alors ce sera merveilleux quand tu m'auras apprivoisé : Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi . Et j'aimerai le bruit du vent dans le blé...
Le renard se tut et regarda longtemps le petit prince :
- S'il te plaît... apprivoise-moi, dit-il !
- Je veux bien, répondit le petit prince, mais je n'ai pas beaucoup de temps. J'ai des amis à découvrir et beaucoup de choses à connaître.
- On ne connaît que les choses que l'on apprivoise, dit le renard. Les hommes n'ont plus le temps de rien connaître. Ils achètent des choses toutes faites chez les marchands. Mais comme il n'existe point de marchands d'amis, les hommes n'ont plus d'amis. Si tu veux un ami, apprivoise moi !
- Que faut-il faire ? dit le petit prince.
- Il faut être très patient, répondit le renard. Tu t'assoiras d'abord un peu loin de moi, comme ça, dans l'herbe. Je te regarderai du coin de l'oeil et tu ne diras rien. Le langage est source de malentendus. Mais chaque jour, tu pourras t'asseoir un peu plus près...
Le lendemain revint le petit prince.
- Il eût mieux valu revenir à la même heure, dit le renard. Si tu viens, par exemple, à quatre heures de l'après-midi, dès trois heures je commencerai d'être heureux. Plus l'heure avancera, plus je me sentirai heureux. A quatre heures, déjà, je m'agiterai et m'inquietterais ; je découvrirai le prix du boonehur ! Mais si tu viens n'importe quand, je ne saurai jamais à quelle heure m'abiller le coeur... Il faut des rites.
[...]
Ainsi le petit prince apprivoisa le renard. Et quand l'heure du départ fut proche :
- Ah ! dit le renard... Je pleurerai.
- C'est ta faute, dit le petit prince, je ne te souhaitais point de mal, mais tu as voulu que je t'apprivoise...
- Bien sûr, dit le renard.
- Mais tu vas pleurer ! dit le petit prince.
- Bien sûr, dit le renard.
- Alors tu n'y gagnes rien !
- J'y gagne, dit le renard, à cause de la couleur du blé.
Puis il ajouta :
- Va revoir les roses. Tu comprendras que la tienne est unique au monde. Tu reviendras me dire adieu, et je te ferais cadeau d'un secret.
[...]
Et [le petit prince] revint vers le renard :
- Adieu, dit-il...
- Adieu, dit le renard. Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le coeur. L'essentiel est invisible pour les yeux. [...] C'est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait que ta rose est si importante...

éditions gallimard, pages 69 à 72


